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Parc naturel régional de Lorraine decor

Les forêts

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Les forêts

Avec une superficie de 34% du territoire, la forêt est le milieu naturel le plus important et le mieux représenté du Parc. Les surfaces agricoles, pour comparaison, couvrent 55% du territoire mais avec près de 30% en surface de culture. L'intérêt patrimonial de cet écosystème est des plus forts de par sa surface, sa diversité et sa répartition.

L'histoire de la forêt lorraine est intimement liée à celle des occupations successives de cette région, des périodes d'essor démographique ou, au contraire, de reflux. Les périodes de prospérité s'accompagnent de défrichements répondant aux besoins en bois de chauffage et d'oeuvre et aux défrichements pour l'essor des cultures. C'est le cas dès l'époque romaine, durant laquelle de nombreuses routes sont crées, dont on peu encore aujourd'hui observer les traces. Des études par radars (Lidar) ont d'ailleurs permis de montrer l'occupation exhaustive de nos massifs depuis leurs origines. De grands défrichements arrivent aux XIIe et XIIIe siècles avec les créations monastiques et à la Renaissance puis cessent lors de la guerre de Trente Ans tout comme pendant les grandes périodes de pestes.

Au XXe siècle, des phases d'abandon de l'agriculture sur certains sites profitent à la forêt. Il en a été ainsi de la disparition du vignoble lorrain avant la guerre de 14. s'agissant de la vigne, celle-ci a également souffert voire disparu par l'effet conjugué du phylloxera, de l'essor industriel et de l'annexion allemande, par les lourdes pertes humaines des 2 guerres laissant des terres sans bras pour les cultiver puis, dans les années 50, par l'exode rural.

Les activités industrielles telles que les Salines Royales, les mines, les verreries, les forges, les cristalleries et faïenceries, exigent depuis longtemps de très grandes quantités de bois feuillus comme source d'énergie. Ainsi certaines forêts actuelles emblématiques comme le Romersberg, n'existaient plus il y a 200 ans.

Après les guerres, pour restaurer les sols, puis dans les années 50 les résineux sont favorisés par le Fonds Forestier National car leurs débouchés augmentent (pâte à papier, bois de mine, reconstructions d'après guerre...). Beaucoup périclitent ou restent chétifs et détruisent des milieux plus naturels car ils ne sont pas toujours installés en station et posent parfois des problèmes paysagers.

Malgré tout, les intérêts en tant que biodiversité restent multiples.  Pas moins de 30 typologies forestières se découvrent entre plateaux et côtes au travers des hêtraies-chênaies de plaine (à Orme lisse), des hêtraies de plateau, des forêts thermophiles de versant (à Chêne pubescent …), des vallons forestiers froids, riches d'une flore relictuelle montagnarde.

6 habitats sont d'intérêt communautaire prioritaire et 5 habitats sont d'intérêt patrimonial local (habitats déterminants ZNIEFF) peuplés de Gobemouche à collier, de Lucane, Salamandre, Limodore abortif, Gagée jaune, Nivéole printanière... Ils accueillent ainsi près de 15 espèces végétales et 60 espèces animales  protégées.

Si jusqu'alors la dominante de 70% de forêts publiques donnait une certaine assurance pour la pérennité de la ressource tant en diversité qu'en qualité et en biodiversité, l'avenir reste maintenant incertain. La tempête de 1999 a bouleversé près de 40% des massifs du Parc, remettant en cause des économies locales et bouleversant les services de l'ONF. Les modes de gestion changent, les demandes en énergie renouvelable et en aménités augmentent, les pressions économiques sur les gestionnaires font raccourcir les âges d'exploitabilité des essences, des maladies nouvelles (champignon du frêne, Graphiose de l'Orme...) et les changements climatiques rendent sensible et difficilement prospective une économie basée jusqu'alors sur et pour la durée.

La sortie depuis très peu de temps de forts volumes de bois, et en particulier de très gros bois, la multiplication des aménagements des chemins forestiers, les conversions homogènes des massifs et la diminution des âges d'exploitabilité sont des menaces avérées pour ce patrimoine naturel. C'est en particulier sur les espèces cavernicoles et saproxyliques qu'encore une fois, après avoir subies le nettoyage des forêts, les menaces pèsent le plus.